Récemment, je parlai de tout, de rien et surtout d’hyper avec un ami : hypermarché, HyperLoop, Hyper Space Mountain… Bref, une discussion comme tant d’autre. Sauf que tout était HYPER bien !

 

Tout est hyper chouette

L’hyperloop, par exemple, est un système de transport qui vous emmène à 1000 km/h dans un tube pour faire rapidement le trajet San Francisco / Los Angeles. Tout droit sorti du cerveau d’Elon Must (Tesla, PayPal, SpaceX), le milliardaire ne veux plus perdre son temps dans les embouteillages. Un tube avec des trains qui roulent à fond, ce n’est pas nouveau. Ce qui est nouveau (et donc Hyper), c’est qu’aujourd’hui on peut le faire. Et les tests sont concluant.

Pour Star Wars Hyper Space Mountain, c’est plus simple : Disney rachète Lucas Film (et donc Star Wars), puis redécore ses grands huit pour les faire passer pour une bataille de l’espace sur le thème de la franchise rachetée. Pas d’invention ici, on réutilise, mais avec un nouveau concept.

Et l’hypermarché me direz vous. C’est simplement une épicerie plus grande, où le client se sert lui même, fait la queue à la caisse, a le choix dans les produits. Cependant, il ne gagne pas de temps et n’a pas le contact avec l’épicière qui prend des commandes (bah oui, elle n’a pas tout l’épicière, mais « ça sera livré la semaine prochaine normalement…) et qui sait que vous aimez les poires au sirop (qu’elle commande pour vous d’ailleurs 🙂 ).

 

l’informatique n’échappe pas à la règle

En informatique aussi, on recycle et on ajoute de la puissance, mais le concept est vieux.

L’hyperconvergence est un terme technico-commercial. Dans la plupart des cas, cela désigne une configuration qui intègre dans un seul boitier le stockage, le calcul et le réseau. Le tout associé avec du Software Defined. Le SDS (stockage), SDN (réseau) et le SDDC (datacenter) font partie intégrante des solutions hyperconvergées. En pratique, c’est un serveur ou un groupe de serveurs qui vont partager leurs espaces de stockage et une même configuration réseau, pour que l’administrateur n’ait qu’un seul point de gestion et n’ait plus qu’à embarquer des baies de stockage ou des éléments réseaux complexes.

Les matériels hyperconvergeants apportent souplesse, performance et rationalisent l’espace et les coûts. Récemment, plusieurs sociétés ont lancé leur offre, certaines perdurent, d’autres se font racheter, et certaines jettent l’éponge sur ce marché en vogue et très concurrentiel. Les éditeurs de systèmes virtualisés apportent eux aussi leurs solutions. Mais est-ce que tous les produits se valent ? Ci-dessous un rapide tour d’horizon des principales solutions.

 

L’hyperconvergence, De qui et de quoi parle-t-on ?

Cette solution est proposée par une multitude de constructeurs (Nutanix, Simplivity, Atlantis…) et d’éditeurs (VMware, Windows) connus, ainsi que par quelques challengers en embuscade avec leurs propres offres (comme DELL-EMC ou HPE). Je vous propose ici un comparatif de différentes solutions existantes en août 2017. J’ai pris le partis de les classer par types d’idées, afin d’apporter (peut-être) un œil neuf sur les comparatifs du genre.

Comprenons d’abord comment l’hyperconvergence fonctionne : chaque nœud est un module qui va utiliser sa puissance de calcul (comme un cluster, rien ne change de ce côté), son réseau (le seul changement est la configuration gérée en central) et son stockage. C’est sur le stockage que tout se joue, car les données sont réparties entre tout ou partie des nœuds en fonction des algorithmes. Un des plus utilisé est RAIN (redundant array of interdependent node), mais il y a aussi Erasure Code (le même que dans les CD ou DVD). Pour répliquer les données, le trafic entre les nœuds est important. On comprend vite que le 1Gb/s va être juste, même si certaines configurations le supportent. Mais non, définitivement, c’est du 10Gb/s qu’il va vous falloir.

 

Restons simple

Chaque DSI a dans son infrastructure des HyperV ou des VMware. A entendre les 2 protagonistes, ils sont présents chez 95% des clients du Fortune 500 ou du CAC40. Alors c’est très simple de faire de l’hyperconvegeance quand on a à disposition les bonnes licences.

Pour VMware, il suffit d’ajouter vSAN et de configurer des volumes dans son cluster. Associé à NSX pour la partie réseau, ou simplement DvSwitch, nous obtenons rapidement un système hyperconvergé facile à gérer. Néanmoins, la transition risque d’être un peu compliquée car il n’y a pas de migration prévue. Il faut donc insérer des disques SSD dans les serveurs (un peu mais pas trop) et configurer son vSAN. Si on veut une vraie redondance, un minimum de 3 ou 5 nodes sont nécessaires selon l’architecture. Enfin, payer vSAN peut avoir un coût non négligeable.

Côté Windows Server 2016, c’est encore plus simple. Le module S2D (Storage Space Direct) est directement inclus dans l’OS. Quelques disques SSD ou pas, et c’est parti, on peut faire son SDS. Associé à un cluster HyperV et à la gestion du réseau dans le cluster, vous avez votre hyperconvegeance. Les performances sont acceptables, mais cela reste à mon avis une solution pour des besoins simples. Il ne faudra pas s’attendre à la robustesse d’un vSAN. Quoi que…

Et si votre cœur balance, alors il reste les solutions externes et purement logicielles : HPE VSA par exemple. Facile à installer (une attention particulière sera portée sur les réseaux iSCSI), mais il souffre d’une interface vieillotte et peu intuitive. Par contre, il supporte le 1Gb pour les réseaux iSCSI, ce qui n’est pas les cas des S2D et vSAN.

 

Changeons d’infrastructure

Les serveurs, le stockage et même le réseau ont besoin de se moderniser, et il n’est pas rare qu’un projet d’hyperconvergeance arrive car nous sommes en période de renouvellement. C’est l’occasion de limiter ces coûts d’acquisition et de repartir sur une infrastructure plus actuelle. Les derniers processeurs et quelques disques SSD, c’est l’assurance d’améliorer ses performances. Donc on évolue vers des modules intégrés, type Nutanix ou Simplivity, qui permettent de commencer avec 1 nœud et de progresser au fur et à mesure (en puissance, en capacité…).

Dans les 2 cas, on peut commencer petit et évoluer. Mais il sera difficile de mixer les modèles chez Nutanix, alors que c’est prévu chez Simplivity. Côté intégration, Nutanix a sa propre interface : Prism, et c’est par elle que vous contrôlez le stockage et l’hyperviseur. Chez Simplivity, c’est un plug-in dans le vCenter, simple à prendre en main, on reste sur une interface connue. Coté support des OS, c’est Nutanix qui pourra vous permettre de travailler avec HyperV ou KVM en plus de VMware, alors que Simplivity ne supporte que vSphere.

 

Assurons l’avenir

Comme dit plus haut, c’est à voir. En informatique, on voudrait que cela dure… et puis non. 3, 5, 7 ans tout au plus. Aucun matériel (à part quelques exceptions) ne vont jusqu’à 10 ans. Alors est-ce que ça vaut le coup d’y penser ? Pensons performances immédiates et on verra.

Trève de plaisanteries, nous sommes incapable de nous prononcer, mais il est quand même possible que vSAN, S2D ou Simplivity soient plus facile à migrer, car ils intègrent le fait d’ajouter des nodes de générations suivantes. Et on peut les mettre à jour. Nutanix ou VSA sont sur une corde, les mises à niveau ne sont pas si simples qu’on voudrait le croire.

 

À propos de l’auteur

Loïc BOUQUET

Loïc BOUQUET

Au service de la Force et des datacenters. Mon héro c’est DCX Man. J’écris aussi des articles sur les infrastructures, le cloud, les systèmes et sur les lois qui régissent l’informatique, mais pas seulement.

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