La loi de Murphy fait partie de ces choses qui nous entoure, et que l’on s’amuse à employer pour démontrer l’absurdité ou la fatalité de certaines situations. En l’occurrence ici, c’est de la loi de l’emmerdement maximum dont il s’agit : le fait que rien ne va, et plus ça avance et plus c’est pire… La loi de Murphy appliquée.

 

Edward Murphy, ingénieur

Edward Murphy était un ingénieur en aérospatiale américain qui travailla sur un système de test de la résistance humaine à la décélération à la fin des années 40. Au cours de certain tests, il subit un nombre important d’échec (comme dans toutes expériences), et énonça une loi pour préciser cet état de fait. La définition exacte n’est pas claire, et un très grand nombre de variantes existent, allant de l’effet Bonaldi à la loi de la tartine beurrée (c’est vrai c’est écrit sur Wikipedia).

Il faut aussi noter que monsieur Murphy ne semble pas avoir écrit cette loi, mais des personnes dans son entourage le lui ont attribué.

 

Que dit la loi de Murphy ?

La loi de Murphy exprime simplement le fait que une action qui dégénère a le plus de chance de complètement rater : « If that guy has any way of making a mistake, he will », en français « Si ce gars a la moindre occasion de faire une erreur, il la fera. ». L’extrapolation peut donner quelques chose qui ressemble à « Plus on a de chance que ça rate, et plus on a de chance que ça rate effectivement », ou encore « Si ça devait rater, ça va rater », et enfin « Si une action se passe mal, alors on a toutes les chances que rien n’aille correctement ». D’ailleurs, quand les choses vont mal, la probabilité que ça empire augmente avec la gravité de la situation, il devient alors de plus en plus certain que la situation va se dégrader, encore plus. Il y a par ailleurs une notion de nouveaux événements, pas liés entre eux, qui viennent ajouter au chaos de la situation. Car oui, rapidement ça devient le chaos.

On comprend qu’il faut mieux l’éviter, de tout faire pour ne pas tomber sous le coup de la loi, mais comment faire, puisque de toute façon, c’est inéluctable. Reprenons quelques autres loi de base : toute tâche prend plus de temps que prévu. Alors c’est simple, il faut plus de temps. Mais au détriment d’autres tâches. Et si la tâche est terminée en avance, alors que faire du temps à combler ? La bonne idée que vous avez à ce moment : commencer une nouvelle tâche en se disant : « Oh j’ai le temps de le faire ça »…. Voila. Ça va prendre plus de temps on l’a déjà dit. Du coup, vous êtes en retard, vous décidez d’accélérer un peu, et c’est le début des problèmes.

Autre exemple, vous décidez de ne rien faire justement, pour éviter cette gestion du temps visiblement difficile à contrôler. Manque de pot vous rester trop longtemps à ne rien faire, et c’est le début du drame : vous êtes en retard, vous êtes démotivé, vous vous désorganisez, vous êtes au début de la loi…. Ça va être difficile de passer à coter.

 

Si ça devait rater, ça va rater

Mais du coup, est-ce qu’il existe des applications pratiques de cette loi, qui permettent de la transformer en quelque chose de merveilleux et de réellement utile ? Et bien oui, bien sur, et dans tout un tas de domaine. Dans le travail en entreprise par exemple, à part le fait de servir d’excuse en béton n°1, et qui permet de balancer un collègue et surtout de se protéger des éventuelles retombées du marasme que vous ne tentez même pas de justifier du coup, et bien cela peut simplement servir à valider un processus ou une procédure, évaluer la faisabilité d’une tâche dans le temps, valider que ce que l’on a produit ne fonctionne effectivement pas, et permettre de valider l’interaction de plusieurs tâches, objets ou fonctions. Si ça doit rater, alors ça va rater. Et si ça rate, c’est bien, cela permettra de corriger et d’améliorer.

 

Applications utiles en informatique

Là, on est dans le domaine d’Edward Murphy : si le logiciel ou la procédure a un bug quelque part, on va le trouver, et vite. D’ailleurs, on peut le constater avec Bill Gates par exemple. Lors de la présentation de Windows 98, le monde entier a eu le droit à son écran bleu de la mort… en plein écran et en pleine démonstration. Cela s’est révélé très utile, puisque tout le monde en a parlé, et les ingénieurs de Microsoft ont pu corriger ce problème avant la mise sur le marché (dans une certaine mesure). On a découvert ensuite qu’il y avait pas mal d’autres bugs, et les utilisateurs les ont remontés rapidement. C’est la base de la loi de Murphy : si ce gars a la moindre possibilité de faire une erreur, il la fera.

 

Dans la vie, en amour

Dans la vie, à moins d’être maso et aimer perdre, on trouve très peu d’applications utiles. Personne n’est assez fou par exemple pour ce dire que c’est déjà assez l’enfer comme ça, mais qu’on va quand même quitter son job, avoir un enfants et prendre un crédit pour une nouvelle voiture. Tout le monde sait que c’est une très mauvaise idée, même si parfois, on croise des personnes qui l’on fait quand même.
A la rigueur, il est potentiellement intéressant de s’en servir en amour : je sors avec cette personne, et au pire, ça marche…. mais attention, si ça ne marche pas, ça peut-être dévastateur pour l’un ou l’autre. On se retrouve alors dans l’incapacité de remonter la pente, et c’est de mal en pis…. la loi s’applique implacablement, encore une fois.

 

Really ?

On le voit bien, la loi s’applique partout, et dans tous les domaines. Elle est même parfois extrêmement surprenante. En informatique ou en mécanique, certaine personne vous dirons : « c’est tombé en marche ! ». C’est une des nombreuses variantes de la loi de Murphy. Rien ne se passe comme prévu, mais de temps en temps c’est pour votre bien.

À propos de l’auteur

Loïc BOUQUET

Loïc BOUQUET

Au service de la Force et des datacenters. Mon héro c’est DCX Man. J’écris aussi des articles sur les infrastructures, le cloud, les systèmes et sur les lois qui régissent l’informatique, mais pas seulement.

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